
28 Mars
2010
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Statistiques :
Météo : Printanière
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Distance : 18 kms env. Altitudes : mini : 273m maxi : 795m Dénivelée cumulée : 798m Durée totale : 8h00 env. en savoir + >> Nombre de participants : 15 Niveau : ![]() ![]() ![]() |
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Ça fait déjà ¼ d'heure que nous patientons, fidèles au poste, dans l'attente de nos GAGA*, quand nous décidons d'inaugurer cette nouvelle aventure par un jeu de cache-cache, histoire de leur mettre un minimum la honte et qui sait, peut-être, un début d'inquiétude...
Après 5 minutes de planque nous apercevons enfin le minibus banalisé s'approcher. Il nous faut encore quelques instants (le temps nécessaire à la dissipation des épaisses fumées bleues entourant le véhicule) pour découvrir avec horreur le spectacle éprouvant qui hantera, peut-être à vie pour certains, nos mémoires innocentes.
Ce qui frappe en premier c'est le teint (digne des meilleurs œufs brouillés d'un diplomate Anglais) puis le regard hagard, le cheveux en pétard, les yeux larmoyants, la bave aux commissures des lèvres. Je ne pousserai pas plus loin cette pénible description par respect pour nos plus jeunes lecteurs.

Le fait est désormais avéré, le décalage horaire à frappé redoutablement à l'insu de leur plein gré, nos aventureux collègues, leur ôtant définitivement tout espoir d'une grasse matinée avec une violence dont ils portent visiblement les graves séquelles !
Eh oui l'heure d'été à encore fait des siennes ! Faisant preuve d'humanité et de compassion nous accueillons avec chaleur les rescapés et l'émotion des retrouvailles semblent redonner un peu de vie à nos infortunés compagnons...
C'est pas tout ça, il nous faut désormais rejoindre le col de la ligne (755m), départ de notre circuit du jour !
Ce qui surprend à la descente des véhicules c'est la température, qui vient de tomber de moitié. Le point positif c'est que ça finit de ravigoter ceux qui en aurait encore besoin...
Départ par un beau sentier le long de la Regagnade jusqu'au coteau pour rattraper l'entrée de la combe de Lioux, réserve biologique.
C'est d'abord une piste jusqu'aux Rouvières avant de rentrer dans le vif du sujet. L'aspect change : Le végétal se densifie s'alliant au minéral sous la forme de hautes murailles calcaires creusées d'innombrables baumes. Les lierres séculaires déploient leurs tentacules végétales comme pour chercher à contenir la pression minérale qui ne cesse de s'accroitre par un rétrécissement constant et régulier du sentier.
C'est désormais
un étroit boyau tortueux que nous suivons. L'humidité suintant des
roches et la luminosité réduite du fait de la hauteur des parois,
contribuent à une ambiance "catacombes" très adaptée à
notre sortie 4 Combes !! Nous
ne sommes pas les premiers à ressentir cette étrange atmosphère !!
les nombreux squelettes jonchant... le
nom des
lieux à proximité de la combe sont édifiants : Coulet de la
langouste (colline de l'angoisse en Provençal) ou encore vallon du
malheur... de quoi remonter le moral des plus atteints !

La sortie s'opère directement sur le village de Lioux par un début de gymnastique nécessaire à notre extraction du ruisseau et annonciateur des prochaines réjouissances.
Le contraste est saisissant. La lumière est magnifique, les fleurs printanières chatoyantes et les frimas du matin sont oubliés avec la sortie des t-shirts ! Petit tour sur la place du château (bâtisse du XVIIème encadré de ses deux tours) très joliment restauré, où se situe également un beau lavoir.
Avant d'attaquer la combe suivante nous prenons la sage décision de procéder à l'étape restauration du jour. En effet, des lamentations et plaintes en tout genre (cékankon, fodrékeu, féfin coquin etc...) semblant se généraliser depuis peu, nous préférons (exceptionnellement) céder à la pression pour ne pas ternir une journée si bien commencée !

Les pulsions alimentaires assouvies, les langues se délient (encore plus) et une rumeur inquiétante se propage discrètement au sein du groupe : "C'est bizarre on fait presque que de descendre depuis le départ..." "trop facile..." … classée 3 chaussures..." "c'est encore loin la mer ?..." "faudra bien remonter au col...". Ce n'est pas l'oeil narquois et le rictus sournois de nos GAGA (y z'on bien récupérés ceux là !) qui nous laissent le moindre espoir : c'est sûr le pire est à venir !"
Ce qui n'est pas sans rappeler le célèbre proverbe Tamalien* "Qui descend pour commencer, pour finir devra monter !"
Et puis
tout s'enchaine très vite :
distribution massive de dopants (pâques
plaques et
ballotins de chocolats à gogo, café...) ricanements étouffés,
œillades complices, incitations verbales appuyées (c'est pas tout
ça... faudrait voir à partir si on veut rentrer pour Pâques...
l'échauffement est terminé... c'est maintenant qu'on va se
marrer... plus dure sera la chute...) faut reconnaitre que le doute est permis !
Ce n'est pas l'entrée de notre deuxième combe qui contribue à relâcher la pression. La signalétique du balisage est éloquente :
Bleu et jaune: hématomes (pouvant virer au vert), violet : contusions, rouge : hémorragies, le légende du noir est effacée...
Un dernier regard en arrière, comme pour garder précieusement la douce image du ciel bleu, un dernier frémissement d'oreille pour capter l'insouciance du chant des oiseaux, j'en ai vu quelques uns écraser furtivement une larme de rage, de désespoir peut-être, avant de s'élancer la boule au ventre vers un destin plus qu'incertain car comme le dit le dicton Tamalien* " Qui s'avance dans l'inconnu, en revient plus fort ou à tout jamais perdu !"
C'est plus un torrent à sec qu'un véritable sentier que nous remontons, coincés de nouveau entre les parois calcaires et des obstacles de plus en plus nombreux et difficiles à franchir. Heureusement les passages les plus délicats sont équipés en arceaux métalliques en permettant le franchissement plus aisément.
Encore faut-il avoir les jambes à la longueur réglementaire, et ce n'est pas sans émotion que me revient à l'esprit le si juste proverbe Tamalien* : "Méfie toi de l'homme aux jambes courtes, il peut avoir le bras long !"
L'eau est maintenant de plus en plus présente rendant certains passages glissants et délicats. Nous croisons pour la 7ème fois le même groupe de randonneurs... C'est fini, ils ne disent plus bonjour et le regard fuyant cherchent désespérément à sortir de cet enfer. Il me semble même qu'ils sont de moins en moins nombreux.
Le plus de cette expérience est d'avoir enfin pu toucher du doigt la somme de souffrance et de persévérance ressentie par les saumons remontant inlassablement les torrents à la recherche de leurs origines !

Comme une respiration, la combe s'ouvre un instant, nous offrant le spectacle d'un monolithe géant se dressant entre ciel et terre. La végétation luxuriante, des cris étranges puissants et pénétrants (quelques spécialistes parmi nous ont reconnus macaques, singes hurleurs et autres volatiles éxotiques) nous autorisent, l'espace d'un moment (privilégié) à retrouver l'ambiance torride de la jungle tamalienne !

La parenthèse se referme bien vite et c'est déjà le point d'orgue du passage. Câbles et filins d'acier, barreaudages, une mini via-ferrata s'offre à nous et c'est bec et ongles, pieds et mains qu'il nous faut franchir façon escalade l'énorme éboulis rocheux qui nous domine !
C'est avec plus ou moins d'enthousiasme que chacun peu à son tour assouvir ses fantasmes d'escaltor, mais personne ne faiblira devant l'épreuve !
Le plus dur est fait... y'a plus qu'à remonter vers le col ! (ricanements sardoniques)
Sortie de Vaumalle sur la route de Murs en enchainant les deux dernières combes du jour, la Rouquette et Boulet pour enfin accéder à la piste du col de la ligne.
Dernière pause pour une petite séance d'étirements car comme le dit le dicton Tamalien* "la fuite n'évite pas le danger et pourtant... mieux vaut s'étirer quand il est encor' temps"
Enrichis de cette nouvelle expérience de survie en milieu hostile (chapitre 4) nous pouvons regagner nos logis, fiers du devoir accompli !
*GAGA : Gentils Accompagnateurs Gravement Absents
*Tamalien : habitant du Tamalou*, capitale : Gébobola *
*Tamalou : Terre d'accueil des Tamaliens*
*Gébobola : Capitale du Tamalou* Sous-Préfecture : Essafémal
*Essafémal : Sous-Préfecture du Tamalou*
En cas de crise d'épilepsie, débranchez directement la prise de l'ordi ! 